dikaiosynē (δικαιοσύνη)
La justice est le principe moral qui exige de donner à chacun ce qui lui est dû. La philosophie distingue plusieurs dimensions : la justice commutative (équité dans les échanges) ; la justice distributive (répartition équitable des biens) ; la justice corrective (réparation des torts) ; la justice sociale (réduction des inégalités). Pour Platon, la justice est harmonie de la cité et de l'âme : chacun fait ce qui lui convient. Pour Aristote, la justice est « la vertu totale » mais aussi une vertu spécifique qui consiste à respecter l'égalité. Pour Rawls, la justice est équité : elle consiste à maximiser la situation des plus défavorisés. Pour Nozick, la justice est respect des droits acquis. La justice oppose universalité (règles égales pour tous) et particularité (attention aux situations singulières).
Le latin jus désigne le droit sacré ; le grec dikè est la justice cosmique et humaine
Justice comme harmonie de la cité et de l'âme
Distinction justice commutative, distributive, corrective
Théorie de la justice comme équité et voile d'ignorance
Justice comme respect des droits acquis (libertarianisme)
Justice naturelle vs loi positive
Justice comme utilitarisme et protection des droits
Justice comme droit et respect de la dignité humaine
Sphères de justice et pluralisme équitable
Justice comme capabilités et développement humain
Approche des capabilités et justice globale
Le mythe de l'anneau de Gygès : Platon raconte l'histoire de Gygès qui trouve un anneau d'invisibilité. Avec ce pouvoir, il séduit la reine, tue le roi, s'empare du trône. Platon demande : si personne ne pouvait nous voir, qui serait juste ? La justice, pour être vraie, doit être choisie pour elle-même, pas par peur d'être vu. Le juste véritable reste juste même quand il pourrait être injuste impunément.
Le voile d'ignorance de Rawls : Pour déterminer ce qu'est une société juste, imaginons que nous devions choisir ses règles sans savoir qui nous serons (riche ou pauvre, homme ou femme, en bonne santé ou malade). Rawls soutient que derrière ce « voile d'ignorance », nous choisirions de maximiser la position des plus défavorisés, car chacun pourrait être parmi eux. C'est le « principe de différence ».
La taxation progressive : Rawls pourrait soutenir que la taxation des riches pour aider les pauvres est juste car elle améliore la situation des plus défavorisés. Nozick répondrait que c'est injuste car elle viole les droits des riches sur leurs biens légitimement acquis. Le débat illustre l'opposition entre justice comme résultat (Rawls) et justice comme procédure (Nozick).
La discrimination positive : La politique qui favorise les groupes discriminés dans l'accès à l'université ou à l'emploi est-elle juste? Pour certains, elle est juste car elle corrige des injustices historiques et réalise l'égalité des chances. Pour d'autres, elle est injuste car elle discrimine selon la race, ce qui contredit le principe d'égalité. La question oppose justice comme résultat (égalité réelle) et justice comme procédure (égalité formelle).
La peine de mort : La justice punitive exige-t-elle la mort pour les meurtriers? Pour certains (rétibution), oui : le crime mérite une peine proportionnée. Pour d'autres (réparation), la justice vise à réparer le dommage, pas à nuire davantage au coupable. Pour d'autres (prévention), la peine vise à empêcher les crimes futurs. Le débat oppose différentes conceptions de la justice.
La justice climatique : Les pays industrialisés (Occident) sont historiquement responsables des émissions de CO2. Les pays du Sud souffrent du changement climatique (sécheresses, inondations). Est-il juste que le Nord paie au Sud pour l'adaptation ? La justice climatique pose la question des responsabilités historiques et de la solidarité globale.
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