Le sens désigne la signification ou la direction de l'existence. La question du sens (« Quel est le sens de la vie ? ») est centrale dans la philosophie existentialiste car elle interroge la valeur de l'existence dans un monde qui n'en a pas de lui-même. Pour les croyants, le sens est donné : il vient de Dieu ou d'un ordre transcendant. Pour les existentialistes athées, le sens n'est ni donné ni découvert, il est créé. Sartre affirme que « l'existence précède l'essence » : l'homme existe d'abord, sans sens prédéterminé, et crée ensuite son essence par ses choix. Camus, face à l'absurde, conclut que « la vie sera vécue mieux, sans avoir besoin de sens ». Frankl, survivant des camps, fonde la logothérapie sur la « volonté de sens » : l'homme peut trouver un sens même dans la souffrance la plus extrême. La question du sens n'est pas théorique mais existentielle : c'est en vivant qu'on répond, pas en raisonnant.
Le sens est d'abord la perception (les cinq sens), puis par métaphore la signification, la direction, la finalité
Fondateur de la logothérapie, théorie de la « volonté de sens » comme motivation fondamentale de l'homme. Survivant d'Auschwitz, il montre que le sens peut être trouvé même dans la souffrance extrême.
Analyse de l'absurde comme divorce entre l'attente humaine de sens et le silence du monde. Camus refuse le sens comme solution intellectuelle et propose la révolte.
« L'existence précède l'essence » : le sens n'est ni donné ni découvert, il est créé par la liberté humaine. L'homme est « condamné à être libre » et à créer son sens.
Critique du nihilisme (« Dieu est mort ») et affirmation de la création de nouvelles valeurs par le surhomme. Le sens n'est pas donné mais créé.
Le sens comme choix personnel et engagement dans la foi. Kierkegaard oppose le mode esthétique (dispersé, sans sens) au mode éthique (choix de soi).
Le survivant des camps : Dans Découvrir un sens à sa vie, Frankl raconte qu'à Auschwitz, ceux qui survivaient étaient ceux qui avaient un sens (un proche à revoir, une œuvre à achever, une vérité à transmettre). Le sens rend supportable l'insupportable.
Sisyphe : Le héros condamné à un travail inutile est l'image de l'absence de sens. Camus le transforme en héros : « Il faut imaginer Sisyphe heureux. » Le bonheur n'est pas dans le sens du rocher mais dans la conscience claire de sa condition et la révolte.
L'artiste : L'artiste créateur ne « trouve » pas son œuvre, il la crée. De même, l'homme ne trouve pas son sens, il le crée. L'œuvre d'art n'a pas de sens préexistant : c'est l'artiste qui lui donne sens. Notre vie est cette œuvre.
Le parent : Pour un parent, la vie de son enfant donne un sens à sa propre vie (se sacrifier, éduquer, transmettre). Ce sens n'est ni donné par la nature ni décrété par la société, il est choisi et créé quotidiennement par l'engagement.
Le militant : Le militant qui se consacre à une cause (justice, écologie, liberté) crée un sens à sa vie par cet engagement. Le sens n'est pas dans la réussite de la cause (incertaine) mais dans l'acte même de se consacrer à elle.