Date de naissance estimée
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Date de décès estimée
Où je trouvai un être vivant, je trouvai la volonté de puissance ; et même dans la volonté de celui qui obéit, je trouvai la volonté d'être maître.
Il n'y a pas de faits, seulement des interprétations.
La terre est devenue petite, et sur elle saute le dernier homme qui fait tout petit. Sa race est inextinguible comme la puce du dernier homme ; lui aussi vit le plus longtemps. 'Nous avons inventé le bonheur', disent les derniers hommes et ils clignent des yeux. [...] 'Un peu de poison de temps en temps, cela fait de beaux rêves. Et beaucoup de poison à la fin, pour une mort heureuse.' On travaille encore, car le travail est un divertissement. Mais on prend garde que le divertissement ne blesse personne. On ne devient plus riche ni pauvre : tous deux sont trop pénibles. Qui veut encore gouverner ? Qui obéir ? Tous deux sont trop pénibles. Pas de berger et un seul troupeau ! Tous veulent la même chose, tous sont égaux : qui pense autrement va volontiers dans la maison des fous.
Je vous nomme trois transformations que l'esprit doit traverser : comment l'esprit devient chameau, comment le chameau devient lion, et comment enfin le lion devient enfant.
Il n'y a pas de phénomène moral, il n'y a qu'une interprétation morale de phénomènes [...] Pour qu'il y ait morale, il faut d'abord qu'il y ait répression, injustice, violence, mensonge, tromperie : toute morale repose sur ces fondations.
Si, un jour ou une nuit, un démon te surprenait dans ton sommeil le plus solitaire et te disait : 'Cette vie telle que tu la vis maintenant, que tu l'as vécue, il faudra que tu la revives encore une fois et d'innombrables fois encore [...] toutes les douleurs, toutes les joies, tous les soupirs et toutes les pensées [...] n'y changerait ni ne corrigerait rien.' - Ne te jetterais-tu pas par terre, grinçant des dents et maudissant ce démon ? Ou bien as-tu déjà vécu un moment infiniment précieux, où tu aurais répondu : 'Tu es un dieu, et je n'ai jamais entendu rien de plus divin !' ?
Dieu est mort ! Dieu reste mort ! Et c'est nous qui l'avons tué ! Comment nous consoler, nous les meurtriers des meurtriers ? Ce que le monde a possédé de plus sacré, de plus puissant a perdu sa vie sous nos couteaux. Qui nous lavera de ce sang ?
Ma formule pour la grandeur dans l'homme est l'amor fati : ne rien vouloir d'autre que ce qui est, non pas seulement devant soi, dans l'éternité, mais aussi en arrière, dans toute l'éternité. Ne pas supporter seulement le nécessaire, moins encore le cacher [...] mais l'aimer.
Ma formule pour le grand bonheur dans l'existence est l'amor fati : ne rien vouloir d'autre que ce qui est, ni devant soi, ni derrière soi, ni dans les siècles des siècles. Non pas seulement supporter le nécessaire, moins encore le dissimuler [...] mais l'aimer.
Qui se bat avec des monstres doit prendre garde à ne pas devenir monstre lui-même. Et si tu regardes longtemps dans un abîme, l'abîme aussi regarde en toi.
C'est là qu'est le grandhéritage d'Abraham : il a tué son fils et son Dieu. - Cette éternle image du sacrifice, cette image qui vivra aussi longtemps que l'humanité elle-même !