Date de naissance estimée
book
Date de décès estimée
Les mots ont ensorcelé les hommes. Les hommes se sont laissé ensorceler par les mots. Le mot 'liberté', le mot 'vertu', le mot 'devoir' sont des chaînes invisibles qui nous tiennent captifs.
Rien n'est sacré pour moi. Tout est à moi, tout est mien, et j'en fais ce que je veux. Ni Dieu, ni l'État, ni la morale ne peuvent m'obliger.
L'insurrection, non la révolution. La révolution veut changer les institutions, l'insurrection veut que je ne me laisse plus instituer, que je ne laisse plus les autres s'instituer sur moi. L'insurrection commence par moi-même.
L'État est l'ennemi de l'association. L'État impose l'unité, l'association est libre union des individus. Dans l'association, personne ne doit servir ; au contraire, l'association existe pour servir les individus.
L'humanisme n'est que la dernière religion. Il remplace Dieu par l'Homme, mais il sacrifie toujours l'individu sur l'autel d'une abstraction. L'Homme avec un grand H est un spectre de plus.
L'égoïsme, comme la vie, n'est que créations et destructions. Il ne s'agit pas de nier les créations, mais de les faire mien, de les jouir et de les détruire quand bon me semble.
L'État est la chose sacrée par excellence. Mais l'État n'est qu'une idée, un spectre, rien de réel. Seuls sont réels les individus, et l'État n'est rien d'autre que leur œuvre, qu'ils ont transformée en maître.
Je suis ma propre propriété. Je m'appartiens à moi-même, et non à l'État, non à la société, non à l'humanité.
Tout ce que vous considérez comme sacré, moi je le considère comme un spectre. L'homme est un spectre, Dieu est un spectre, la liberté est un spectre, le droit est un spectre, l'État est un spectre.
Je ne suis rien en tant qu'esprit, je ne suis rien en tant que corps, je suis tout, moi, l'unique.