Le pour-soi est la conscience humaine conçue comme néantisation, liberté absolue, absence d'essence fixe. Chez Sartre, le pour-soi s'oppose à l'en-soi (l'être des choses, massif, plein, ce qu'il est). Le pour-soi est ce qu'il n'est pas, n'est pas ce qu'il est : il est projet, liberté, absence. L'en-soi est opaque, inerte, déterminé. Le pour-soi est transparance, néant, liberté. Le pour-soi est être-pour-soi : conscience de soi, mais conscience de soi comme néant, comme manque. L'en-soi est coincidence avec soi, le pour-soi est décalage, distance. Le pour-soi est condamné à être libre : il n'a pas de nature, il doit se choisir, se faire, dans un temps qui le constitue comme projet. Le pour-soi est aussi être-pour-autrui : il existe dans un monde peuplé d'autres consciences qui le regardent, le jugent, le transforment en objet.
Le pour-soi s'oppose à l'en-soi (être en soi, chose) et à l'être-pour-autrui
Analyse du pour-soi dans L'Être et le Néant
Analyse de l'être-là comme être-jeté et projet
Le garçon de café (Sartre) : un garçon de café qui joue son rôle trop parfaitement est en mauvaise foi. Il se prend pour chose, pour garçon de café essence, alors qu'il est pour-soi, liberté.
Le regard sur le keyhole (Sartre) : quand j'épione par un keyhole et qu'on me surprend, je découvre que je suis vu. Je deviens objet pour un sujet. C'est l'apparition d'autrui comme regard qui me transforme.
Le rendez-vous amoureux (Sartre) : quand j'attends quelqu'un qui est en retard, je suis conscience de l'absence. Cette attente révèle ma structure de manque : je suis manque d'être.
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