epithymia (ἐπιθυμία) / orexis (ὄρεξις)
Le désir est la tension vers un objet que l'on n'a pas, le mouvement de la psyché vers ce qui lui manque. Platon définit le désir comme manque : on désire ce dont on est privé. Aristote distingue désir naturel (besoin : faim, soif) et désir rationnel (vouloir). Pour Spinoza, le désir (cupiditas) est "l'essence même de l'homme" : conatus, effort pour persévérer dans son être. Pour Freud, le désir est inconscient, pulsionnel : le sujet est "sujet du désir".
Le désir étymologiquement est manque : absence de ce qu'on aspire à rejoindre
Analyse du désir comme manque et dialectique de l'amour
Désir comme conatus, essence de l'homme
Désir inconscient et pulsion comme moteur du psychisme
Désir comme manque-à-être et désir de l'Autre
Désir comme néantisation et projet vers l'être
Désir de reconnaissance comme moteur de l'histoire
Volonté comme désir infini et source de souffrance
Désir comme production, non manque
L'amant platonicien : Dans Le Banquet, l'amant commence par désirer un beau corps, puis comprend que la beauté se trouve dans tous les beaux corps, puis dans les belles âmes, puis dans les sciences, jusqu'à atteindre l'Idée de beauté. Le désir est initiation progressive du sensible à l'intelligible, transformation du désir en amour de la sagesse.
L'enfant et le biscuit : L'enfant qui pleure pour un biscuit qu'on lui refuse éprouve le désir comme manque, privation douloureuse. Mais dès qu'on lui donne le biscuit, il cesse de le désirer. Comme dit Platon : "le désir cesse avec la possession". Le désir est orienté vers l'absence.
Le rêve de la pomme : Dans l'Interprétation des rêves, Freud raconte le rêve d'une femme qui voit des fraises et des gâteaux mais ne peut pas en manger. Ce rêve réalise symboliquement son désir refoulé (elle est au régime). Le désir s'exprime dans le rêve car il est refoulé dans la conscience.
Le désir de reconnaissance : Le stagiaire qui travaille plus que nécessaire cherche la reconnaissance de son chef. Selon Hegel, ce désir de reconnaissance est le désir fondamental : je veux que l'autre me reconnaisse comme sujet libre, capable. Ce désir pousse à la lutte (risquer sa vie pour être reconnu) puis au travail (transformer le monde pour être reconnu).
Le consommateur insatisfait : Le consommateur achète le dernier iPhone et en est content quelques jours, puis désire déjà le prochain modèle. Le désir s'inscrit dans une logique de manque toujours renouvelé : on désire ce qu'on n'a pas, et une fois qu'on l'a, on ne le désire plus mais on désire autre chose. C'est le "paradoxe hédonique".
Le moine bouddhiste : Le moine qui méditate pour éteindre ses désirs illustre la voie bouddhiste. Observant ses désirs naître et passer, il comprend que le désir est insatisfaisant. En lâchant prise, il atteint le nirvana, état de paix au-delà du désir. Le désir n'est pas comblé mais éteint : la cessation du désir est la fin de la souffrance.
L'amour comme forme supérieure du désir
Le désir cherche le plaisir mais le dépasse
Le bonheur comme satisfaction des désirs
La volonté de puissance comme désir (Nietzsche)
Le désir de connaître comme moteur philosophique
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