Le regard est le mode d'apparition d'autrui comme sujet qui me regarde, me juge, me transforme en objet. Chez Sartre, le regard est la manière dont autrui m'apparaît : non pas comme corps, mais comme sujet, comme conscience. Le regard d'autrui me révèle que je suis vu, donc que je deviens objet pour un autre sujet. Je perds ma transcendance, je suis figé, fixé, connu par l'autre. Le regard est aussi ce par quoi je m'apprends à moi-même : je découvre que je suis honteux, coupable, beau, à travers le regard d'autrui. Le regard fonde l'intersubjectivité comme conflit : chaque conscience cherche à s'affirmer comme sujet en transformant l'autre en objet, mais cet autre est aussi sujet qui me regarde. Le regard peut être bienveillant ou hostile, objectivant ou reconnaissant, mais il est toujours relation de pouvoir.
Le regard n'est pas seulement vision mais relation intersubjective
Analyse du regard dans L'Être et le Néant
Le visage comme appel éthique
Le regard comme réciprocité
L'homme au keyhole (Sartre) : j'épie par un keyhole, absorbé par ce que je vois. Soudain, un bruit de pas : je suis surpris, je deviens "homme qui épie", objet pour un sujet qui me voit. Je découvre autrui comme regard.
La honte : j'ai un geste obscène, quelqu'un entre. Je rougis, j'ai honte. Pourquoi ? Parce que je suis vu, jugé. La honte est conscience d'être objet pour un sujet.
Le regard amoureux : je veux être regardé par l'autre, être pour l'autre. Mais ce désir est paradoxal : je veux être objet (pour être aimé) mais en même temps je reste sujet (qui veut être aimé). L'amour est oscillation entre masochisme et sadisme.
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