syneidesis (συνείδησις)
La conscience est la connaissance réflexive que l'esprit a de lui-même et de ses états. La philosophie distingue plusieurs dimensions : la conscience comme conscience de soi (réflexivité) ; la conscience comme intentionalité (conscience de quelque chose) ; la conscience phénoménale (qualia, expérience subjective) vs conscience fonctionnelle (accès à l'information). Descartes fonde la modernité sur le cogito (« je pense donc je suis ») : la conscience est le point d'absolu certitude. Pour Husserl, la conscience est toujours conscience de quelque chose (intentionnalité). Pour Sartre, la conscience est néantisation de l'être : elle est toujours « conscience de » et jamais « conscience ». Pour la philosophie de l'esprit contemporaine, le « problème difficile de la conscience » (Chalmers) est de comprendre comment des processus physiques peuvent produire des expériences subjectives.
À Rome, conscientia désigne le témoignage ; en philosophie, la conscience de soi ; en morale, la conscience morale
Fondation de la philosophie moderne sur la conscience comme certitude absolue
Phénoménologie de la conscience comme intentionalité
Conscience comme néantisation et pour-soi
Découverte de l'inconscient et repositionnement de la conscience
Formulation du « problème difficile de la conscience »
Conscience transcendantale et unité synthétique de l'aperception
Conscience comme corps propre et perception incarnée
Le doute de Descartes : En doutant de tout (mon corps, le monde extérieur, les mathématiques), Descartes découvre qu'il ne peut douter qu'il doute. Cette vérité (« je pense, donc je suis ») est absolument certaine et devient le fondement de toute connaissance. La conscience pensante est le point archimédique indubitable.
La conscience du rouge : La perception du rouge n'est pas simplement détection de longueur d'onde 700nm. C'est une expérience subjective, le « rouge » comme qualité vécue (qualia). Un Martien pourrait analyser physiquement le rouge sans jamais « savoir ce que ça fait » de voir le rouge. C'est le problème difficile.
Le précepteur chez Rousseau : Dans Émile, Rousseau montre l'éveil de la conscience morale. L'enfant doit apprendre à ne pas faire aux autres ce qu'il ne voudrait pas qu'on lui fasse. Cette conscience n'est pas raisonnée mais sentiment immédiat de la valeur de l'autre, « instinct divin » qui précède la raison.
Le rêveur : Quand je rêve, j'ai des expériences conscientes (je vois, je ressens) sans perception du monde extérieur. À l'inverse, dans l'état végétatif ou sous anesthésie, il peut y avoir perception sans conscience. Ces montrent que conscience et perception sont dissociables.
Le cinéphile qui pleure : Le spectateur qui pleure devant un film sait que l'histoire est fictive. Pourtant il est ému. Cette double conscience (savoir que c'est faux + ressentir comme si c'était vrai) montre la complexité de la conscience : elle peut croire et ne pas croire en même temps.
La conscience est la propriété fondamentale du sujet pensant (cogito)
Le pour-soi est conscience de soi, néantisation (Sartre)
La conscience d'autrui comme problème de l'intersubjectivité
La conscience comme mode d'être (Heidegger)
La conscience comme condition de la vérité
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