Une collection de citations philosophiques qui ont traversé les siècles, de l'Antiquité à nos jours.
La négation de la volonté de vivre est la voie suprême de la délivrance. Le saint, l'ascète, ont dit 'non' à la volonté, et par là ils sont délivrés.
Le voile de Maya est ce qui, aux êtres et aux choses, donne l'apparence de l'individualité et de la séparation, tandis qu'en réalité, il n'y a qu'une seule et même volonté.
La compassion seule est base authentique de la morale.
La musique est par excellence l'art de la volonté. Elle ne parle pas de l'apparence, mais de la chose même.
L'art est la contemplation des choses, indépendante du principe de raison. L'art nous délivre pour quelques instants de la servitude du vouloir.
La vie oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui.
Toute vie est souffrance.
Le monde est volonté : voilà le second point de vue, et c'est là le vrai, le point de vue essentiel.
Le monde est ma représentation.
En choisissant, je me choisis, mais je choisis aussi l'homme. [...] En voulant ma liberté, je découvre que je veux tout à coup la liberté de tous les autres. [...] Chacun de mes actes engage l'humanité entière.
Le regard d'autrui me transforme en objet et me vole ma liberté. Par le regard, je suis surveillé, jugé, fixé dans une essence que je n'ai pas choisie. Je deviens pour autrui ce qu'il voit de moi, non ce que je suis.
Un homme est toujours un conteur de histoires, il vit entouré de ses histoires et celles des autres, il voit tout ce qui lui arrive à travers elles ; et il essaie de vivre sa vie comme s'il la racontait.
Il n'y avait rien de plus que du noir, d'un noir qui ne fut pas de la nuit, l'homme noir, d'un noir à demi épais, à demi visqueux, qui se répandait partout, [...] Je m'assis, les jambes dans la boue noire, les coudes sur les genoux, je vis un marronnier dont l'écorce noire et gercée suintait une humeur, je fermai les yeux et je sentis avec mon corps l'existence du marronnier, je la sentais dans ma croupe, dans mes reins [...] Cela m'a fait de la peine d'être comme ça, une masse informe et molle dans le vide.
Voici un serveur de café. Il a la démarche vive et précise, un peu raide ; il vient poser le verre avec une prestesse qui le ferait penser à un automate. [...] Il se pense comme serveur. [...] Il est rien d'autre que serveur en train de servir. [...] C'est que le serveur ne peut être immédiatement serveur ; il l'est par le travers d'une représentation, par une intention de pensée qui se déguise en intention d'état.
L'existence précède l'essence.
L'écrivain, homme de paroles, est plus responsable que n'importe qui. [...] Parler, c'est agir : c'est ce qu'on appelle l'engagement. [...] La prose est un terrain concret où se joue le destin de la liberté.
L'homme est condamné à être libre.
Qui cherche la vérité ne doit pas se donner pour objet à lui-même. Car c'est justement quand on se sent désespérément incapable de se changer soi-même que le désir de changer se révèle comme le désir de changer l'univers.
L'enfer, c'est les autres.
Lorsque j'avais six ans, j'ai vu une fois une magnifique image dans un livre sur la forêt vierge qui s'appelait « Histoires vécues ». [...] J'ai alors montré mon chef-d'œuvre aux grandes personnes et je leur demandai si mon dessin leur faisait peur. Elles m'ont répondu : « Pourquoi un chapeau ferait-il peur ? » Mon dessin ne représentait pas un chapeau. Il représentait un boa constrictor qui digérait un éléphant.