Une collection de citations philosophiques qui ont traversé les siècles, de l'Antiquité à nos jours.
Ce qui donne la vérité aux objets connus et donne au connaissant la puissance de connaître, tu peux le considérer comme l'Idée du Bien, cause de la science et de la vérité [...] Et de même que la lumière et la vue sont considérées comme semblables au soleil, mais pourtant qu'il n'est pas correct de dire qu'elles sont le soleil, ainsi ici la science et la vérité sont semblables au Bien, mais il n'est pas correct de dire qu'elles sont le Bien ; mais la condition du Bien est plus précieuse encore. [...] > Quant au Bien, c'est, au contraire, ce qui est au-delà de l'essence, le dépassant en dignité et en puissance. [...] Le soleil [...] donne aux objets visibles la naissance, la croissance et la nourriture, sans être lui-même devenu participant. [...] De même donc que le Bien n'est pas l'être, mais qu'il est encore au-delà de l'être par sa dignité et sa puissance, de même aussi il a produit l'être en l'ordonnant.
C'est donc [...] que les philosophes deviennent rois dans les cités, ou que ceux qu'on appelle aujourd'hui rois et puissants deviennent vraiment et sérieusement philosophes [...] ; il n'y en aura pas de fin, [...] au malheur des cités. [...] Il n'est pas facile de découvrir ni non plus impossible : la difficulté, c'est que les philosophes ne se mettent pas en mouvement ; ils sont en effet conduits par la divinité, comme l'a dit le poète, et c'est une réputation juste. Car il serait absurde que celui qui est vraiment parvenu à la contemplation du Bien ne pense pas qu'il est dès lors dans sa vraie patrie, et qu'il ne veuille pas s'occuper des affaires humaines.
Figure-toi des hommes dans une demeure souterraine en forme de caverne [...] Des chaînes les enchaînent par les jambes et le cou, de sorte qu'ils restent à la même place et ne voient que ce qui est devant eux [...] La lumière leur vient d'un feu brûlant au loin, sur une hauteur [...] Entre le feu et les prisonniers passe une route élevée. Imagine que le long de cette route est construit un petit mur [...] Des hommes portent alors de tous côtés des objets qui dépassent le mur [...] Les prisonniers ne voient de ces objets que les ombres [...] >
Tout ce qui naît doit être périssable [...] Le monde sensible est ce qui devient toujours et jamais n'est [...] Il faut nécessairement que ce qui devient soit fait par quelque cause. Car sans cause, il est impossible que rien naisse. [...] > Or, il est difficile de trouver l'auteur et le père de cet univers, et, une fois qu'on l'a trouvé, il est impossible de le dire à tous les hommes. [...] Le Démiurge [...] voyant que le visible n'est pas en repos mais se meut irrationnellement et sans ordre, il le ramena de la désordre à l'ordre, jugeant que l'ordre est absolument meilleur que le désordre. [...] > Dieu a voulu que tout soit bon et, dans la mesure du possible, exempt de vice. Il prit donc tout ce qu'il y avait de visible qui n'était pas en repos, mais se mouvant irrationnellement et sans mesure, et il le fit passer de la disorder à l'ordre, jugeant que cela était absolument meilleur.
L'âme est donc, ce semble, la plus semblable au divin, à l'immortel, à l'intelligible, à l'uniforme, à l'indissoluble, à ce qui est toujours de la même manière et identique à lui-même ; et le corps, au contraire, est le plus semblable à l'humain, au mortel, au multiforme, au non-intelligible, au soluble, à ce qui n'est jamais ni de la même manière ni identique à lui-même. [...] > Or l'âme, lorsqu'elle se sert du corps pour observer quelque chose, soit par la vue, soit par l'ouïe, soit par quelque autre sens - car le corps est un instrument d'observation - est tirée par lui vers les choses qui ne sont jamais les mêmes, et elle-même erre et est trouble et tourbillonne comme si elle était ivre, pour avoir commerce avec de telles choses. [...] > Mais lorsqu'elle se retourne vers elle-même et contemple ce qui est en elle, elle va alors vers ce qui est pur, éternel, immortel, invariable, et étant de même nature que cela, elle s'y attache autant qu'il est en elle et elle cesse d'errer et demeure dans la même condition, étant identique et identique à elle-même, puisqu'elle touche à ce qui est de la même nature.
Eros est né de la Pénia et de la Poros (Ressource) [...] le jour de la fête d'Aphrodite [...], la Pénie venant mendier se trouve à la porte du Poros, qui est ivre de nectar [...] le Poros s'en va dans le jardin de Zeus pour s'endormir ; la Pénia, voulant se faire un enfant du Poros, couche avec lui et conçoit l'Amour. C'est pourquoi Eros est d'abord compagne de la pauvreté, et il a été mis au monde et élevé dans le besoin [...]. Mais il est aussi beau, fort, et bon chasseur, toujours ourdissant quelque artifice [...] car il est philosophe sa vie durant, habile en magie, en drogue, en sophistique. [...] > Car la sagesse est une des plus belles choses, et Eros est amour du beau ; donc il est nécessairement philosophe. [...] Le dieu n'a ni besoin de philosophie ni de désir de devenir sage, car il l'est déjà ; et si quelqu'un d'autre est sage, il n'a pas non plus besoin de philosophie. [...] Au contraire, les ignorants [...] non plus ne philosophent, ni ne désirent devenir sages. Car le malheur que représente l'ignorance est précisément de ne pas être ni beau ni bon ni sage, et de ne pas le savoir. Il n'y a donc que ceux qui sont entre les deux, à savoir Eros, qui philosophent.
Socrate : Mais il est beaucoup plus beau, d'autre part, que celle-ci qui s'applique aux plantes, celle qui a trait aux âmes, celle qui, dans les graines de la parole, quand elle a semé celles qui sont capables de venir en aide à la vérité, et qui a des enfants capables de défendre la vérité et leurs frères, dans un terrain favorable, sème et y plante des mots qui sont capables de se défendre eux-mêmes et de se défendre, sans l'aide du père, de celui qui les a plantés, et de ne pas rester stériles, mais de contenir en eux des semences dont d'autres naissent dans d'autres terrains, qui font que la parole devient éternelle et procure à celui qui la possède le bonheur le plus grand, en proportion de sa virilité. > Phèdre : Oui, c'est en effet, Socrate, un bonheur d'une bien autre sorte. > Socrate : Eh bien, Phèdre, c'est à ce discours que nous regarderons pour en juger, et nous laisserons de côté celui qui est écrit, [...] même si nous en sommes les auteurs. [...] > C'est que, Phèdre, l'écriture a un grave inconvénient [...]. En effet, elle n'a aucune sagesse en elle-même. [...] Quand elle est critiquée ou injustement attaquée, elle a toujours besoin du secours de son père ; car elle est incapable de défendre ou de se secourir elle-même. > Phèdre : C'est vrai. > Socrate : Au contraire, le discours qui est dit avec savoir et qui est écrit, dans l'âme de celui qui apprend, [...] celui-là est le discours qui est écrit, avec le plus de perfection, et qui a le plus de parenté avec la vérité.
L'âme donc est immortelle et est née plusieurs fois, et a vu toutes choses, celles d'ici-bas et celles de l'Hadès ; il n'y a rien qu'elle n'ait appris. Il n'est donc pas étonnant qu'elle soit capable, à propos de la vertu et de tout le reste, de se ressouvenir de ce qu'elle savait alors. Puisque la nature tout entière est parente, et que l'âme a tout appris, rien n'empêche, en se ressouvenant d'une seule chose - ce que les hommes appellent apprendre - de retrouver tout le reste et de se ressouvenir de toutes les autres, pourvu qu'on soit courageux et qu'on ne se lasse pas de chercher. [...] > Chercher et apprendre n'est donc rien d'autre que se ressouvenir. [...] Mais ne va-t-il pas chercher, ni apprendre, mais se ressouvenirir ? [...] Et s'il lui a été posé souvent et de plusieurs façons la même question, ne finira-t-il pas par savoir ? [...] Si on l'interrogeait de manière appropriée, sans doute sortirait-il avec exactitude ce qu'il sait.
Où je trouvai un être vivant, je trouvai la volonté de puissance ; et même dans la volonté de celui qui obéit, je trouvai la volonté d'être maître.
Il n'y a pas de faits, seulement des interprétations.
La terre est devenue petite, et sur elle saute le dernier homme qui fait tout petit. Sa race est inextinguible comme la puce du dernier homme ; lui aussi vit le plus longtemps. 'Nous avons inventé le bonheur', disent les derniers hommes et ils clignent des yeux. [...] 'Un peu de poison de temps en temps, cela fait de beaux rêves. Et beaucoup de poison à la fin, pour une mort heureuse.' On travaille encore, car le travail est un divertissement. Mais on prend garde que le divertissement ne blesse personne. On ne devient plus riche ni pauvre : tous deux sont trop pénibles. Qui veut encore gouverner ? Qui obéir ? Tous deux sont trop pénibles. Pas de berger et un seul troupeau ! Tous veulent la même chose, tous sont égaux : qui pense autrement va volontiers dans la maison des fous.
Je vous nomme trois transformations que l'esprit doit traverser : comment l'esprit devient chameau, comment le chameau devient lion, et comment enfin le lion devient enfant.
Il n'y a pas de phénomène moral, il n'y a qu'une interprétation morale de phénomènes [...] Pour qu'il y ait morale, il faut d'abord qu'il y ait répression, injustice, violence, mensonge, tromperie : toute morale repose sur ces fondations.
Si, un jour ou une nuit, un démon te surprenait dans ton sommeil le plus solitaire et te disait : 'Cette vie telle que tu la vis maintenant, que tu l'as vécue, il faudra que tu la revives encore une fois et d'innombrables fois encore [...] toutes les douleurs, toutes les joies, tous les soupirs et toutes les pensées [...] n'y changerait ni ne corrigerait rien.' - Ne te jetterais-tu pas par terre, grinçant des dents et maudissant ce démon ? Ou bien as-tu déjà vécu un moment infiniment précieux, où tu aurais répondu : 'Tu es un dieu, et je n'ai jamais entendu rien de plus divin !' ?
Dieu est mort ! Dieu reste mort ! Et c'est nous qui l'avons tué ! Comment nous consoler, nous les meurtriers des meurtriers ? Ce que le monde a possédé de plus sacré, de plus puissant a perdu sa vie sous nos couteaux. Qui nous lavera de ce sang ?
Ma formule pour la grandeur dans l'homme est l'amor fati : ne rien vouloir d'autre que ce qui est, non pas seulement devant soi, dans l'éternité, mais aussi en arrière, dans toute l'éternité. Ne pas supporter seulement le nécessaire, moins encore le cacher [...] mais l'aimer.
Ma formule pour le grand bonheur dans l'existence est l'amor fati : ne rien vouloir d'autre que ce qui est, ni devant soi, ni derrière soi, ni dans les siècles des siècles. Non pas seulement supporter le nécessaire, moins encore le dissimuler [...] mais l'aimer.
Qui se bat avec des monstres doit prendre garde à ne pas devenir monstre lui-même. Et si tu regardes longtemps dans un abîme, l'abîme aussi regarde en toi.
C'est là qu'est le grandhéritage d'Abraham : il a tué son fils et son Dieu. - Cette éternle image du sacrifice, cette image qui vivra aussi longtemps que l'humanité elle-même !
Tant que les hommes se trouvent dans la société, ils ne peuvent se libérer du socialisme que par la révolution communiste. [...] Cette révolution communiste est nécessaire non seulement pour renverser la classe dominante, mais aussi pour libérer les individus de l'aliénation.