Une collection de citations philosophiques qui ont traversé les siècles, de l'Antiquité à nos jours.
La religion est le soupir de la créature opprimée, l'âme d'un monde sans cœur, comme elle est l'esprit de conditions sociales d'où l'esprit est exclu. Elle est l'opium du peuple.
Le capital est du travail mort, qui ne s'anime qu'en suçant comme un vampire le travail vivant, et ne vit d'autant plus activement qu'il en suce davantage.
L'ouvrier devient d'autant plus pauvre qu'il produit plus de richesses, qu'il produit plus de marchandises, qu'il augmente la puissance et le volume de sa production. La dévalorisation du monde humain croît en raison directe de la valorisation du monde des choses. Le travail produit non seulement des marchandises ; il se produit lui-même et produit l'ouvvrier comme une marchandise.
Dans la production sociale de leur existence, les hommes entrent en des rapports déterminés, nécessaires, indépendants de leur volonté ; ces rapports de production correspondent à un degré de développement déterminé des forces productives matérielles. L'ensemble de ces rapports de production constitue la structure économique de la société, la base réelle sur laquelle s'élève une superstructure juridique et politique et à laquelle correspondent des formes de conscience sociales déterminées.
L'histoire de toute société jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire de luttes de classes.
La classe ouvrière ne peut pas se contenter de prendre telle quelle la machine d'État actuelle et de s'en servir pour ses propres fins. [...] C'est une nouvelle véritable prison pour les classes populaires. La classe ouvrière doit briser l'ancienne machine de l'État pour parvenir à sa propre émancipation.
Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, c'est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience.
L'accumulation de la richesse à un pôle est donc en même temps accumulation de la misère, de la peine du travail, de l'esclavage, de l'ignorance, de la brutalisation et de la dégradation morale au pôle opposé, c'est-à-dire du côté de la classe qui produit le capital.
J'ai jugé qu'il était mieux de faire suite aux vérités effectives de la chose qu'aux imaginations de celle-ci. [...] Beaucoup se sont imaginé des républiques et des principautés qui n'ont jamais été vues ni connues pour vraies. [...] Il y a si loin de la façon dont on vit à celle dont on devrait vivre, que celui qui laisse ce qui se fait pour ce qui se devrait faire apprend plutôt sa ruine que sa conservation. [...] Car comment peut être homme bien celui qui est maintenu dans l'être contre le gré de plusieurs ?
Je dis que tous ceux qui blâment les dissentions entre les nobles et le peuple se trompent ; car ce fut là la cause qui maintenait la liberté romaine. [...] Dans chaque république, il y a deux esprits opposés : celui du peuple et celui des grands, et toutes les lois favorables à la liberté ne naissent que de leur désaccord. [...] Je dis que le peuple n'est ni ambitieux ni turbulent ; [...] c'est plutôt le peuple qui, par des lois bonnes, peut être contenu, que les grands.
Je juge que ce peut être vrai que la fortune soit arbitre de la moitié de nos œuvres, mais qu'elle nous en laisse gouverner à peu près l'autre moitié. [...] Je compare la fortune à une de ces rivières torrentueuses qui, quand elles se mettent en colère, inondent les plaines, ruinent les arbres et les édifices, enlèvent de la terre d'un côté pour la porter de l'autre ; chacun fuit devant elles, chacun cède à leur impétuosité sans pouvoir en rien. [...] Mais en temps de paix, les hommes ne laissent pas de se préparer, avec remparts et digues, en sorte que si elle venait ensuite à s'enfler, elle débordât avec moins de fureur et sans causer autant de dommages.
Le prince doit faire en sorte qu'il n'ait aucune haine ni aucun mépris à éviter. [...] On déteste le prince quand il est rapace et usurier des biens et des femmes de ses sujets : dont il se doit garder de ces deux choses. [...] Mais quand il a privé quelqu'un de ses biens, s'il est besoin d'en ôter la vie, il ne le peut faire sans cause légitime et manifeste. [...] Il faut surtout qu'il s'abstienne du bien d'autrui, parce que les hommes oublient plus tôt la mort de leur père que la perte de leur patrimoine.
Il faut considérer qu'il n'y a chose plus difficile à entreprendre, ni plus périlleuse à conduire, ni plus douteuse quant au succès, que de se porter à introduire de nouvelles institutions. Car le novateur a pour ennemis tous ceux qui profitaient des anciens ordres, et n'a que des défenseurs tièdes en ceux qui profiteraient des nouveaux. [...] Cette tiédeur vient en partie de la crainte des adversaires qui ont les lois en leur faveur, et en partie de l'incrédulité des hommes.
On doit répondre qu'il faut vouloir être craint et aimé : mais, parce qu'il est difficile de les accorder ensemble, il est beaucoup plus sûr d'être craint qu'aimé, quand on y doit manquer de l'un. [...] L'amour est lié par un lien d'obligation, que les hommes, méchants comme ils sont, rompent en toute occasion pour leur utilité ; mais la crainte est liée par la peur de la peine qui ne déserte jamais.
Tout le monde voit ce que tu parais être, peu touchent ce que tu es ; et ces derniers n'osent pas se opposer à l'opinion du reste, ayant pour défense l'autorité et la grandeur de l'État. [...] Les hommes en jugent d'ordinaire par leurs yeux : car tout le monde a des yeux, mais peu de gens ont le tact et le discernement. [...] Il est donc nécessaire à un prince d'être bien de toutes les apparences, et de le peu l'être en effet.
Il faut donc être un renard pour connaître les rets, et un lion pour effrayer les loups. Ceux qui se veulent seulement lions ne le comprenent pas. [...] Un prince prudent ne peut ni ne doit garder sa parole quand cela lui tournerait à dommage, et que les causes qui lui firent promettre sont éteintes. [...] Il est donc nécessaire à un prince de savoir bien pratiquer la bête et l'homme.
On doit tenir pour ferme et établie cette maxime : qu'il y a une telle distance de la façon dont on vit à celle dont on devrait vivre, que celui qui laissera ce qui se fait pour ce qui se devrait faire, apprend plutôt sa ruine que sa conservation. [...] Un prince, et surtout un nouveau prince, ne peut observer toutes ces choses pour lesquelles les hommes sont tenus bons, étant souvent contraint, pour maintenir l'État, d'agir contre la parole, contre la charité, contre l'humanité, contre la religion.
Je juge bien que la fortune est arbitre de nos moitiés d'actions, mais qu'elle nous en laisse gouverner à peu près l'autre moitié. [...] Je compare la fortune à l'un de ces fleuves torrentueux qui, quand ils se mettent en colère, inondent les plaines, ruinent les arbres et les édifices, enlèvent de la terre d'un côté pour la porter de l'autre. [...] Et bien que la fortune ainsi fasse, les hommes ne laissent pas de se préparer en temps de paix par des remparts et des digues.
Nos observations, soit sur les objets sensibles extérieurs, soit sur les opérations internes de notre âme, que nous sentons et sur lesquelles nous réfléchissons nous-mêmes, fournissent à notre entendement tous les matériaux de la pensée. Ce sont là les deux sources d'où découlent toutes nos idées : SENSATION et RÉFLEXION.
Supposons donc qu'au commencement l'âme est ce que nous appelons une table rase (tabula rasa), vide de tous caractères, sans aucune idée. [...] D'où l'esprit tire-t-il tous ces matériaux ? Je réponds en un mot, de l'EXPÉRIENCE. C'est le fondement de toute notre connaissance, et c'est de là qu'elles tirent leur première origine.