Une collection de citations philosophiques qui ont traversé les siècles, de l'Antiquité à nos jours.
La seule façon de bâtir un tel pouvoir commun, apte à les défendre contre l'ennemi étranger et les uns contre les autres, est de confier tout leur pouvoir et toute leur force à un seul homme, ou à une seule assemblée d'hommes, qui puisse réduire toutes leurs volontés, par la majorité des voix, à une seule volonté. [...] Celui-ci porte la PERSONNE de l'État, et possède le pouvoir souverain.
Je transfère et abandonne à cet homme ou assemblée d'hommes, mon droit de me gouverner moi-même, à cette condition que tu lui transfères et abandonnes ton droit, et autorises toutes ses actions de la même manière. Cela fait, la multitude ainsi unie en une seule personne est appelée ÉTAT, en latin CIVITAS. C'est la génération de ce grand LÉVIATHAN.
Une loi de nature, lex naturalis, est une règle générale, trouvée par la raison, par laquelle il est interdit à chacun de faire ce qui peut détruire sa vie, ou lui ôter les moyens de la préserver. [...] La première et fondamentale loi de nature, qui est de se trouver en paix quand on y peut, et de se défendre quand on ne le peut pas.
Le droit de nature, que les auteurs appellent généralement jus naturale, est la liberté qu'a chacun d'user de son propre pouvoir, comme il le veut lui-même, pour la préservation de sa propre nature ; c'est-à-dire, de sa propre vie ; et par conséquent, de faire tout ce qu'il considérera, selon son propre jugement et sa propre raison, comme le moyen le plus apte à cette fin.
Dans cette condition de guerre de chacun contre chacun, il n'y a rien que la seule crainte, et les dangers de guerre violente, puisse nous aider à garder nos biens ; et par conséquent, l'industrie n'a point de lieu. [...] La vie dans cet état est solitaire, pauvre, sale, bestiale et brève.
Durant le temps où les hommes vivent sans un pouvoir commun qui les tienne en respect, ils sont dans cette condition qui se nomme guerre, et cette guerre est guerre de chacun contre chacun. [...] La nature a fait les hommes à peu près égaux, quant aux facultés du corps et de l'esprit. [...] De là, il arrive que, quand un homme prétend à une chose, il ne peut pas s'attendre à la conserver autrement qu'en usant de force et de ruse contre tous les autres.
Dans un tel état [d'état de nature], il n'y a pas de place pour l'industrie, parce que le fruit en est incertain ; et par conséquent point d'agriculture, ni de navigation, ni d'usage des marchandises qui peuvent être importées par mer ; point de constructions commodes, point d'instruments pour remuer et enlever les choses qui ont besoin de beaucoup de force ; point de connaissance de la face de la terre ; point de compte du temps ; point d'arts ; point de lettres ; point de société ; et ce qui est le pire de tout, une crainte continuelle, et un danger de mort violente.
Pourquoi y a-t-il de l'étant et non pas plutôt rien ? [...] Le néant n'est pas le contraire de l'étant, mais son appartenance la plus intime. C'est dans l'angoisse que le néant se révèle comme ce dont nous fuyons, et c'est cette fuite qui révèle l'étant comme tel. Sans le néant, l'étant ne pourrait même pas être pensé.
L'humanisme s'oppose à l'inhumanité. [...] Mais ce qui est déterminant, ce n'est pas l'homme lui-même, mais l'ouverture du Dasein à la vérité de l'être. L'essence de l'homme est plus 'humaine' que l'humanisme classique le croit : elle réside dans son être le 'berger de l'être'. Le langage est la 'maison de l'être' où l'homme habite.
Le temps n'est pas d'abord un enchaînement de 'maintenants' qui s'écoule du futur vers le passé à travers le présent. Le temps authentique est l'unité ek-statique du futur, du passé et du présent. Le Dasein 'est' temps : il temporalise son être en se projetant vers l'avenir, en revenant sur ce qu'il a été, en faisant tomber dans le présent.
L'essence du Dasein réside dans son existence. [...] Mais l'existence ne signifie pas 'réalité' opposée à l'essence, mais bien 'être-au-monde' (In-der-Welt-Sein). Le Dasein n'est jamais un sujet qui serait confronté à un monde d'objets : il est toujours déjà engagé dans un monde significatif dont il fait partie.
L'angoisse est l'humeur fondamentale qui nous révèle le Dasein comme être-pour-la-mort. Dans l'angoisse, 'tout' s'effondre et devient 'rien de tel'. Le monde s'enlise, les étants glissent dans l'insignifiance, et seul surgit, dans ce néant, le Dasein comme 'être-jeté-pour-la-mort'. C'est dans cette expérience radicale que le Dasein peut se ressaisir comme 'possibilité propre'.
Le 'on' (das Man) est ce en quoi on se comprend d'abord et le plus souvent. Ce 'on', ce n'est pas quelqu'un de déterminé, mais tout le monde et personne. Dans la vie quotidienne, le Dasein est le 'on' et il n'est pas lui-même. L'authenticité exige de se soustraire à cette dictature du 'on' pour redevenir soi-même.
Le Dasein est un être pour qui la question de son être est elle-même un problème. [...] L'explicitation de cet être ne peut procéder que par une interrogation ontologique sur l'être de celui qui interroge. La question de l'être doit donc être posée par un être qui a la structure du 'compréhension de l'être'.
Le souci (Sorge) est l'être du Dasein lui-même. [...] Le Dasein n'est rien d'autre que le souci d'être. Cette structure unitaire du souci révèle que le Dasein est toujours en avant de soi-même, projeté vers ses possibilités, tout en étant déjà pris dans un monde.
Le Dasein est un être qui a été jeté - non pas de quelque part vers ici, mais en tant que jeté (Geworfenheit). Il ne s'est pas choisi lui-même son factuel être-là, mais il se trouve toujours déjà dans un monde déterminé. Cette 'facticité' est ce qu'il a à assumer en toute liberté.
Si je dois mourir, je dois mourir - mais je ne suis pas encore mort, et aussi longtemps que je suis, je suis vie. [...] La mort est la possibilité de l'impossibilité absolue de l'être-là. Ainsi la mort se révèle-t-elle être la possibilité la plus propre, la plus indubitable, la plus indépassable et la plus certaine.
Le travail est désir retenu, refréné ; c'est le former qui s'évanouit. Le sentiment négatif à l'égard de l'objet se forme pour lui-même. [...] Le serviteur, par son travail, transforme la chose, il s'approprie la nature et en même temps se transforme lui-même. C'est par le travail que la conscience devient elle-même et parvient à la vérité.
Ce qui est rationnel est effectif, et ce qui est effectif est rationnel.
L'histoire du monde est le progrès dans la conscience de la liberté. [...] Les peuples qui n'ont jamais atteint la conscience de leur liberté sont exclus de l'histoire. [...] L'Orient savait qu'un seul est libre ; le monde grec et romain que quelques-uns sont libres ; nous savons que tous les hommes sont libres en soi.