Une collection de citations philosophiques qui ont traversé les siècles, de l'Antiquité à nos jours.
Je dis que la différence dans les éducations consiste dans la méthode, et non pas dans les matières ; et que les parents qui veulent former leurs enfants à la vertu, doivent commencer par former leurs mœurs, et leur apprendre à se connaître et à se dominer eux-mêmes. [...] L'éducation a sur l'homme un effet plus grand qu'on ne pense ; et je pense qu'elle fait les neuf dixièmes de ce qu'il est.
L'office de la société civile ne s'étend pas plus loin qu'aux intérêts temporels et séculiers de la société ; elle n'a aucune compétence sur les âmes ni sur les choses qui regardent la vie à venir. [...] La tolérance doit être la caractéristique de l'Évangile véritable. [...] C'est la marque d'un hypocrite de prétendre être zélé pour la foi, alors qu'il ne cherche qu'à asservir les consciences.
Le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif doivent être séparés. [...] Le pouvoir législatif est celui qui a le droit de dire comment la force publique doit être employée pour la conservation de la communauté. Le pouvoir exécutif est celui qui voit à l'exécution des lois qui sont faites, et qui reste en permanence. [...] Lorsque ces deux pouvoirs sont unis entre les mêmes mains, ils peuvent porter et exécuter des lois tyranniques.
Les hommes étant, par nature, tous libres, égaux et indépendants, nul ne peut être ôté de cette condition, et être soumis au pouvoir politique d'autrui sans son propre consentement. La fin de la loi n'est pas d'abolir ou de restreindre la liberté, mais de la préserver et de l'augmenter.
Quand le législateur, ou celui qui est en possession du pouvoir suprême, cesse de gouverner par les lois établies, et entreprend de gouverner arbitrairement, alors il cesse d'être magistrat, et peut être opposé comme tout autre homme qui use de force sans droit. [...] Le peuple a le droit d'agir comme juge suprême, et de juger et de punir.
Nul ne peut être assujetti au pouvoir politique d'autrui sans son propre consentement. La seule façon dont quelqu'un se dépouille de sa liberté naturelle, et se revêt des liens de la société civile, c'est de s'accorder avec d'autres hommes de s'unir et de se composer en communauté, pour vivre ensemble commodément, en paix, et se défendre.
Ce que chaque homme a mêlé de son travail avec, il le joint à quelque chose qui est à lui, et lui en fait propriété. [...] Dieu a donné le monde en commun aux hommes, mais il leur a donné la raison pour en faire usage, au meilleur avantage de leur vie, et à la commodité. [...] Il ne peut y avoir de meilleure preuve de la propriété, que le travail.
L'état de nature a une loi de nature pour le gouverner, qui oblige tous : et la raison, qui est cette loi, enseigne à tous les hommes qui veulent bien la consulter, qu'étant tous égaux et indépendants, nul ne doit nuire à un autre dans sa vie, sa santé, sa liberté, ou ses biens.
Les Lumières, c'est la sortie de l'homme hors de l'état de minorité, dont il porte lui-même la responsabilité. La minorité est l'incapacité de se servir de son entendement sans la direction d'autrui. [...] Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Voilà la devise des Lumières.
On essaiera donc de voir s'il ne réussit pas mieux en métaphysique, en admettant que les objets doivent se régler sur notre connaissance, ce qui s'accorde déjà mieux avec la possibilité demandée d'une connaissance a priori de ces objets. [...] On peut donc tenter une expérience, soit heureuse, soit infructueuse, en faisant cette révolution copernicienne (ou révolution analogue à celle de Copernic).
Le problème de l'établissement d'une paix perpétuelle n'est pas une chimère, mais un problème pratique qui se résout progressivement, même si ses progrès sont lents. [...] L'histoire de l'humanité, vue dans son ensemble, peut être considérée comme l'exécution d'un plan caché de la nature pour amener un État politique parfait.
Agis selon une maxime qui puisse en même temps se faire valoir comme loi universelle. Toute maxime qui ne convient pas à cette législation universelle est contraire à la morale.
Agis de telle sorte que tu traites l'humanité, aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre, toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen.
Le devoir ! Toi, grand, sublime nom, qui ne renfermes rien en toi d'agréable, rien qui implique une tentative insinuante, mais qui exigets une soumission, qui ne règlementes cependant rien pour contenter un penchant, mais qui tiens en main une loi qui se trouve elle-même dans la raison.
Deux choses remplissent le cœur d'une admiration et d'une vénération toujours nouvelles et toujours croissantes, à mesure que la réflexion s'y attache et s'y applique : le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi.
Entend par phénomène l'objet tel qu'il nous apparaît, et par chose en soi l'objet tel qu'il est en lui-même, indépendamment de notre manière de le percevoir. [...] Nous ne pouvons connaître les choses qu'autant qu'elles nous apparaissent, non telles qu'elles sont en elles-mêmes.
L'autonomie de la volonté est le principe unique de la moralité des actions et de leur conformité au devoir. [...] Une volonté n'est libre qu'en étant autonome, c'est-à-dire en se donnant à elle-même sa loi.
Enfin, il n'y a dans le domaine de la religion, comme dans tous les autres domaines, qu'une seule règle qui ne soit pas sujette à controverse : ce que le souverain commande comme étant de droit divin, nul sujet ne peut le contester sans péché. [...] Car la foi et la religion ne consistent pas dans des opinions publiques, mais dans les dispositions secrètes du cœur.
La liberté des sujets ne réside que dans ces choses que le souverain a omis de régler, soit dans ses lois, soit par des déclarations expresses. [...] En effet, là où la loi se tait, les sujets ont la liberté de faire ce que leur propre raison leur suggère comme le plus avantageux pour eux.
Quiconque donc porte la personne du peuple, c'est-à-dire, du souverain, est coupable de crime envers ses propres sujets, s'il leur ôte leurs biens sans leur consentement ; car il n'a plus de droit de guerre sur eux, puisqu'ils sont ses propres sujets, et qu'il a le pouvoir de les juger. [...] Il n'y a point de crime imaginable qui ne soit défendu par les lois de nature, ni aucune action qui ne puisse être innocente.