logos (λόγος) / glossa (γλῶσσα)
Le langage est un système de signes permettant la communication, la représentation et la pensée. La philosophie distingue plusieurs approches : le langage comme instrument de communication (pragmatique) ; comme structure de la pensée (linguistique cognitive) ; comme condition de possibilité du monde (herméneutique) ; comme système arbitraire de signes (Saussure). Pour Wittgenstein, le sens d'un mot est son usage dans le langage. Pour Heidegger, « le langage est la maison de l'être ». Pour Lacan, « l'inconscient est structuré comme un langage ». La question du langage traverse la philosophie : le langage reflète-il le monde ? le structure-t-il ? est-il la condition même de la pensée ? La philosophie du langage au XXe siècle (le « tournant linguistique ») a vu le langage devenir objet philosophique central.
Le logos grec désigne à la fois parole, raison, et principe organisateur
Théorie des jeux de langage et critique de l'essence des mots
Fondation de la linguistique moderne : signe, signifiant/signifié
Langage comme maison de l'être
Inconscient structuré comme langage
Grammaire universelle et langage comme faculté innée
Distinction énoncé/énonciation et analyse de la subjectivité
Théorie des actes de langage
Distinction sens/référence
Déconstruction, différance, grammatologie
Agir communicationnel et éthique de la discussion
L'arbitraire du signe : Le mot « chien » n'a aucune ressemblance avec l'animal. En anglais, c'est « dog », en allemand « Hund », en espagnol « perro ». Aucun de ces sons n'est « naturellement » lié à l'animal canin. C'est une convention arbitraire de chaque communauté linguistique. Saussure voit là la preuve que le lien entre signifiant et signifié est arbitraire.
Le jeu de langage de la douleur : Wittgenstein analyse « j'ai mal ». Le sens de cette phrase n'est pas dans une définition du mot « mal » mais dans son usage : je le dis quand je souffre, pour exprimer ma douleur, pour demander de l'aide, pour me plaindre. Le mot « mal » peut avoir des sens différents selon le contexte : mal physique, moral, etc. C'est le contexte (jeu de langage) qui donne le sens.
L'acte performatif : Quand le maire dit « Je vous déclare mari et femme », il ne décrit pas un mariage, il accomplit l'acte de marier. Ce sont les « performatifs » d'Austin : dire, c'est faire. De même pour « Je promets », « Je baptise ce bateau », « Je parie ». Le langage n'est pas seulement décrire le monde mais le transformer.
Le sujet divisé par le langage : Quand je dis « je », le mot désigne celui qui parle. Mais qui suis-je quand je parle ? Lacan montre que le « je » qui parle est différent du « je » dont je parle. Le langage me divise : je suis à la fois sujet de l'énonciation (celui qui parle) et sujet de l'énoncé (ce dont je parle). Cette division est la condition même de la parole.
La poésie comme langage originaire : Pour Heidegger, le poète est celui qui nomme les choses pour la première fois. Hölderlin nomme « la terre », « le ciel », « les divins », « les mortels ». Ces noms ne désignent pas des objets préexistants mais instituent les choses comme ce qu'elles sont. La poésie révèle ce que la prose quotidienne cache : le langage comme ouverture au monde.
La traduction impossible : Le mot français « esprit » traduit-il l'allemand « Geist » ? Hegel's Geist est à la fois esprit (mental) et âme collective. Rien en français ne capture toute cette richesse. La traduction est toujours interprétation, toujours perte. Mais sans traduction, pas de communication entre cultures. Le dilemme de la traduction illustre la specificity de chaque langue.
Le langage est le lieu de la vérité comme dévoilement
Le langage dit l'être, mais aussi le voile (Heidegger)
La connaissance s'exprime dans le langage
Le sujet se constitue dans le langage
Le langage est un pouvoir (Foucault)
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